A quelques jours de Noël, la classe de 5C rencontre la fondatrice de la recyclerie textile de Fontenay-sous-Bois. Apportant un nouvel éclairage au parcours citoyen que suit cette classe, Caroline Pluvinage présente la double mission d’Hab!tudes :
- lutter contre le gaspillage textile en valorisant la seconde main. La boutique solidaire et éco-responsable que Caroline tient avec des bénévoles est située dans les anciens bains-douches de Fontenay, et fonctionne grâce aux dons ;
- éveiller les consciences.
C’est précisément dans cet objectif que Caroline nous réunit aujourd’hui.
Très vite, nous entrons dans le vif du sujet. A la question « Portez-vous ou achetez-vous des vêtements de seconde main ? », tous les élèves, sauf trois, lèvent la main pour manifester qu’ils le font. Puis, face à un diaporama de photos, ils réagissent : c’est « monstrueux, désolant, moche ». Ils voient en images l’ « exploitation » et la « pollution » qu’induit l’industrie textile.
Le textile est la 2e industrie la plus polluante, après les transports.
La pollution de l’air est évaluée à 4 milliards de tonnes de CO2 par an… plus que les transports maritime et aérien réunis. Pourquoi ? Car la production de fibres naturelles (élevage et culture) et synthétiques, et les différentes étapes, de la transformation jusqu’au transport, consomment énormément d’énergie. Par exemple, on estime aujourd’hui qu’un jean « parcourt » 1,5 fois le tour de la terre, de la production des matières premières à la mise en vente.
L’eau est très polluée également, par les produits chimiques utilisés pour la teinture, le tannage du cuir et en amont, les pesticides utilisés pour la culture des plantes donnant les fibres naturelles.
Cette industrie contribue à l’épuisement des ressources naturelles. Le pétrole, qui est non renouvelable à l’échelle humaine, est la base principale des fibres synthétiques. 65% de nos vêtements sont fabriqués à partir de pétrole qui est travaillé chimiquement ensuite, et seul 35% des constituants des vêtements sont d’origine naturelle (laine, coton, lin).
Le niveau de production est excessif. 7,7 kg de vêtements sont jetés par an et par habitat en France. Et dans les placards d’adultes, 70% des vêtements ne sont jamais portés.
Alors, que faire ?
- Réfléchir à ses achats et consommer différemment, avec la méthode BISOU :
Besoin : à quel besoin cet achat répond-il chez nous ?
Immédiat : en ai-je besoin immédiatement ?
Semblable : aurais-je quelque chose de semblable ?
Origine : comment, par qui, où ce produit a-t-il été fabriqué ?
Utile : ce produit va-t-il vraiment m’être utile ?
Si l’article est acheté, l’utiliser plus longtemps (minimum 30 fois) et en prendre soin : laver à froid, détacher.
- Privilégier la seconde main pour l’achat : recyclerie, friperie, brocante, sites en ligne
- Penser à la qualité et non à la quantité, particulièrement quand on a atteint sa taille adulte.
- Apprendre à réparer : on peut facilement coller un patch, une pièce de tissus sans savoir coudre (avec de la colle à tissus), ou donner un coup de neuf à son vêtement défraîchi en le teignant en machine.
- Upcycler : utiliser son vêtement comme matière première et le transformer. Par exemple, faire une éponge lavable réutilisable avec des chaussettes trouées ou dépareillées.
- Confier au Relais ou à une association de quartier le soin de faire cela à grande échelle. Les articles textile, linge de maison et chaussures servent, selon leur état et l’organisme à qui ils sont donnés, à habiller d’autres personnes, à faire de l’isolant pour le bâtiment, des chiffons pour l’industrie, de la matière combustible pour chauffer…
En nous conseillant, Caroline rencontre beaucoup de succès de la part des jeunes avec ses conseils de réparation et transformation de vêtements… Une idée pour un futur atelier ? A l’heure où l’on visite en nombre boutiques et sites marchands pour préparer les fêtes en tout cas, voilà de quoi réfléchir à nos achats avec l’acronyme BISOU à l’esprit !
Un grand merci à Caroline Pluvinage pour la générosité et l’expertise de sa démarche pour éveiller nos consciences et de nombreuses autres.

